Veni, Vidi, Danci : Mon premier concert de Phish

par Yome NetSan @ 2 décembre 2013

En ce jour du 30ème anniversaire du tout premier concert de Phish (le 2 décembre 1983), voici enfin le premier article relatant mon voyage aux Etats-Unis pour les voir, après seize années d'attente.
Il m'aura fallu plus de temps que prévu pour l'écrire, c'est vrai, mais il s'agit de la traduction des trois articles écrits en anglais pour mon site dédié au groupe,
Bouncing Around Euroom. Donc entre l'écriture en anglais, la traduction et, accessoirement, le boulot et la vie de famille... J'espère que les suivants arriveront plus vite... J'ai essayé d'être aussi complet que possible et d'y mettre toutes les bonnes photos que j'ai prises au cours du voyages et des concerts (du moins les pas trop mauvaises). Je ne vais pas m'étendre sur la musique elle-même parce que je ne suis pas doué dans cet exercice et vous pouvez l'écouter de toute façon (livephish.com, phishows.com, phishtracks.com). Je me suis contenté de retranscrire mes impressions, telles que je les ai vécues.

Pour bien comprendre mon état durant mon périple, commençons par ma semaine de vacances au Maroc...

 

Vacances à l'horizontal

La semaine précédant mon voyage aux Etats-Unis fût assez stressante. J'étais donc en vacances au Maroc, dans la maison de mes beaux parents qui est à environ 3 minutes de la plage... 3 minutes à pied ! J'avais prévu de passer le plus clair de mon temps sur le sable et dans l'océan, en jouant dans les vagues avec mon fils.

Manque de pot, je me suis cassé le dos dès le premier jour !

Bon, pas tout à fait cassé, mais je ne pouvais quand même plus marcher ni même tenir debout ! Je suis allé chez un médecin et j'ai passé les trois jours suivants dans mon lit ou sur une sorte de chaise longue complètement plate et dur... Au début, je ne savais pas si je serais capable de se lever le lundi suivant pour revenir en France... et je n'imaginais même pas danser à un concert de Phish !

Purée ! J'étais juste une semaine de mon premier concert de Phish, après avoir attendu 16 ans, et je ne pouvais pas bouger !

Je suis resté patient et j'ai utilisé ces longues heures d'immobilisations pour me détendre comment je le pouvais. J'ai fini le livre sur l'histoire de la PlayStation et Zelda A Link to the Past que je pensais faire durer jusqu'après mon retour des États-Unis. J'ai écouté du Miles Davis en lisant les livrets des coffrets Complete Sessions. J'ai aussi regardé deux vidéo de concert : Le "Fuck Your Face" de Phish et Trey Anastasio au Capitol Theatre

 

Résurrection

J'ai finalement été plus ou moins remis sur pied juste à temps pour mon vol de retour. Mais comme si cela ne suffisait pas, j'ai aussi réussi à prendre froid ! Au Maroc !

Entre les anti-douleurs pour mon dos, le sirop pour la toux, les cachets pour le mal des transports et le reste, j'avais une vraie pharmacie sur moi.

Nous sommes rentrés à la maison le lundi 28 octobre dans l'après-midi. J'ai fait mes bagages à la hâte le soir et je me suis couché tôt.

En effet, je me levais dès le lendemain à 4h50 pour repartir à l'aéroport !

 

Mardi 29 Octobre 2013, 6h50

Le premier vol fût court, juste un petit saut avant d'atterrir à Bruxelles. Pendant que les nuages filaient sous l'avion, j'ai écrit deux cartes. La première pour la personne qui m'a aidé à acheter mes billets et la seconde pour le groupe, dans l'espoir de pouvoir leur donner avec les cadeaux que j'avais préparé avant de partir.

C'était la première fois que je posais les pieds en Belgique et durant cette escale d'une heure et demie j'ai eu le temps de visiter un peu... l'aéroport, vu que j'ai mis du temps à trouver la porte B01. J'ai quand même pris 2 minutes pour me payer un café avant d'être bientôt rejoint par Gilles. Après avoir correspondu par emails avec lui depuis Août, c'était super de le rencontrer enfin en personne. Nous avons naturellement repris notre discussion, commencée par écrit, comme si nous nous connaissions depuis des années. En fait, nous étions tellement pris dans notre discussion, que le personnel d'US Airlines a commencé à nous appeler aux haut-parleurs ! Nous étions en retard pour l'embarquement ! Ca aurait été dommage de rater ce vol !

L'avion était à moitié vide, nous avons donc facilement pu nous asseoir sur la même rangée, avec un siège libre pour nos affaires. Les 8 heures de vol sont passées tranquillement, entre discussions sur Phish et petits sommes. Nous craignons un peu le passage en douane, mais nous sommes arrivés parmi les premiers dans la file d'attente et tout est allé très vite. J'ai dû passer moins de deux minutes devant le douanier avant d'entendre "Bienvenue aux Etats-Unis".

 

Quand on passe de 20h à 15h...

Gilles avait réservé une voiture de location, notre premier objectif était donc de trouver la navette pour nous conduire à la société Dollar (ça ne s'invente pas). Sur le chemin, l'air de rien, le chauffeur nous a sauvé la vie en évitant une autre voiture qui a changé de voie à la dernière seconde. Une fois à l'agence de location, nous avons pris possession de la voiture, mis nos bagages dans le coffre, installé et programmé le GPS, mis un peu de musique (Phish, forcément) et j'ai sorti l'appareil photo pour faire le touriste. Au moment de partir, nous avons finalement dû tout changer pour prendre la bonne voiture... Enfin, nous avons pris la route sous un ciel ensoleillé.

La journée était belle et nous avons profité des magnifiques paysages, à commencer par la ville de Philadelphie, puis des petites maisons le long d'une rivière, chacune avec son petit quai et des bateaux. Je viens d'apprendre grâce à un commentaire sur phish.net qu'il s'agit d'un lieu historique et très connu qui s'appelle Boathouse Row. Les couleurs des arbres étaient magnifiques, vert, orange, rouge... de vraies couleurs d'automne, comme on en voit dans les films.

Nous avons continué à parler de concerts, de musique et Phish bien entendu. Gilles a mis un CD qui pourrait être l'album d'Halloween (j'y reviendrai) : The Yes Album. Bien que je connaisse le nom, je n'avais jamais rien entendu de Yes auparavant et j'ai été surpris de constater à quel point cet album collerait parfaitement pour le set d'Halloween, presque trop parfaitement à mon goût en fait.

 

Reading, PA

A notre arrivée à Reading, nous avons fait un passage rapide à l'hôtel. Sur le parking, Gilles a remarqué un 4x4 décoré pour Halloween... avec les têtes de Trey et Mike de Phish ! Il y avait donc des fans de Phish dans les parages, ce que nous a confirmé le gars de l'hôtel. Nous avons pris nos quartiers dans nos chambres qui étaient grandes, simples et agréables.

Mais il était déjà 18 heures, les portes de la salle ouvriraient d'ici 30 minutes et nous n'avions pas encore mangé !

Reading est une jolie petite ville. En remontant North Street, nous sommes passés devant de belles maisons au style faussement Victorien, le plus souvent décorées pour Halloween. Pour nous, pauvres touristes européennes, Reading avait tout de la ville américaine typique.

Au final, nous avons pris notre premier repas américain au Burger King mais je ne l'ai même pas fini : trop grand, trop gras, trop salé... et peut-être aussi que la tension commençait à monter.

Nous avons garé la voiture pas très loin de la Santander Arena. De là, il suffisait de suivre les fans jusqu'à destination. Sur notre chemin, Gilles s'est arrêté à un distributeur de billets. Il a eu quelques soucis avec ses cartes, mais il a finalement réussi retirer un peu d'argent.

 

The Santander Arena

La salle pouvait accueillir environ 7000 personnes. Je suis habitué à ce genre de capacité et j'ai rarement assisté à des concerts dans des lieux plus grands, comme à la Halle Tony Garnier à Lyon. Mais pour Phish, aux Etats-Unis, c'était presque un concert intimiste. En 2013 (été, automne et nouvel an), Phish n'a joué que dans une seule salle plus petite : le Glens Falls Civic Center avec environ 6000 places. Toutes les autres salles pouvaient accueillir au moins 13 000 personnes et la plus grande, à Chicago, est montée à 30 600 ! Pour comparaison, Bercy, à égalité avec Tony Garnier, est la plus grande salle de concert de France (hors stade) avec 17 000 places... et encore, ce ne sont pas des lieux dédiés uniquement aux spectacles (d'où une qualité sonore discutable).

Plus nous nous approchions de l'entrée, plus l'ambiance devenait électrique. Les rues avaient été fermées par la police pour laisser place au flot constant de fans. Sur un parking de l'autre côté de la rue, il y avait un rassemblement étrange avec des gens au look hippie, de la fumée, des vendeurs plus ou moins à la sauvette, etc. C'est ce que l'on appelle la Shakedown Street (d'après un album des Grateful Dead), le point de rencontre des vendeurs de nourritures (sandwichs, grillades...), de pin's et T-Shirts fait maison, de gâteaux qui font rire et de drogues en tout genre... J'étais assez pressé de retirer mon billet, j'ai donc décidé d'y faire un tour plus tard. Mais au final, je n'y ai plus pensé et n'y suis pas allé. D'ailleurs, je n'ai pas pensé non plus à prendre des photos de l'extérieur de la salle, des fans dans la rue, de l'ambiance générale... Dommage.

Il n'y avait personne au guichet, j'ai donc eu mon billet rapidement.
Et oui, aussi simplement que ça, après tant d'année d'attente, j'avais enfin dans la main mon premier billet de Phish !

Mais Gilles avait un vrai soucis : il a réalisé qu'il avait laissé sa carte de crédit au distributeur ! Je suis donc resté l'attendre pendant qu'il y retournait en courant. J'avais un drapeau français, acheté le matin même à l'aéroport, pour que les fans français avec qui j'avais rendez-vous (Cassandre et Jean-Yves de Phish.net) me repèrent facilement. Mais malheureusement, nous étions un peu en retard et je n'ai vu personne. Gilles est finalement revenu sans sa carte mais il a réussi à la bloquer en téléphonant à sa banque.

Nous avons décidé de se séparer parce que Gilles avait une place numérotée, mais pour ma part, j'avais un accès pour la fosse et je ne voulais pas trop attendre pour me trouver une bonne place. Je me suis quand même arrêté au stand de merchandising pour faire tout de suite mes premiers achats du voyage : un mug, le T-shirt exclusif du concert et un tapis pour tourne-disque. J'avais peur qu'il ne reste plus rien à la fin du concert. Au final, ce ne fût pas le cas et je me suis retrouvé un peu encombré avec des trucs pendant le concert pour rien.

J'ai fait tout le tour à la recherche de l'entrée de la fosse et cela m'a donné une bonne idée de l'ambiance. Tout le monde était souriant et passait un bon moment. Je souriais moi aussi. Je l'avais fait, j'y étais ! Je commençais à vraiment réaliser ce que je m'apprêtais à vivre.

En chemin, j'ai croisé Yasu, un fan japonais que Holger (mon pote allemand qui écrit avec moi sur Bouncingavait rencontré à Chicago cet été et m'avait présenté sur facebook. Ce soir, c'était le dernier concert de sa tournée après 4 ou 5 dates.

Après m'être approché de la scène, je me suis allongé sur le sol pour me détendre et reposer un peu mon dos.

J'ai fermé les yeux, en attendant Phish...

 

Mardi 29 Octobre 2013 - 8:05 PM

Les lumières se sont éteintes.
Les haut-parleurs se sont tus.
Le public s'est mis à crier.
Phish est monté sur scène pour la première fois à Reading, Pennsylvanie.
Phish est monté sur scène pour la première fois devant mes yeux.

 

Set 1

Le premier morceau de mon premier concert m'a pris par surprise.

Quand j'imaginais à ce que serait ma setlist de rêve, je me retrouvais avec trop de chansons pour concert "normal", voire même pour un festival de deux jours de 3 sets chacun ! Et pourtant, je n'avais pas pensé à celui-là, alors qu'il m'avait littéralement obsédé pendant un moment, il y a quelques années.

Cars, Trucks, Buses

Quel heureux hasard après les innombrables heures de voyages que j'ai eu ce jour-là !
Quelle excellente façon de lancer cette semaine de concerts que j'ai attendu si longtemps !

Le reste du set s'est déroulé comme dans un rêve, comme le rêve que j'ai fait tant de fois, mais en mieux : Stealing Time from the Fault Plan (un de mes morceaux préférés, peut-être un peu plus préféré que mes autres préférés), Divided Sky (avec une pause au milieu qui m'a paru interminable), Sparkle  (je la jouais souvent quand je faisais de la guitare) et cette jam de Split Open and Melt...

Comme je le pensais, voir arriver le groupe sur scène ne m'a pas vraiment fait un choc. Je sautais comme un fou sur place, bien sûr, mais à force de regarder des vidéos, des DVD ou des webcasts pendant toutes ces années, je dois être "habitué" à les voir, d'une certaine manière. Je me sentais dans mon élément, comme si j'avais toujours été là. Avec les gens autour de moi, on s'échangeait des regards, on se souriait, on s'en tapait cinq quand on reconnaissait une chanson rare... J'ai toujours aimé observer le public dans les concerts, parfois même plus que ce qui se passe sur scène. Tout le monde était si heureux, si chaleureux, si enthousiaste. Je n'avais jamais ressenti ça de ma vie, à aucun autre concert. C'était la première fois et pourtant je me sentais comme à la maison, en famille.

Ma "famille Phish", enfin.

 

Entracte

J'ai à nouveau croisé Yasu au milieu de la foule. Nous avons parlé quelques minutes, puis je suis allé à chercher de l'eau. L'accès au premier étage était assez étroit et toute la fosse tentait de s'y engouffrer en même temps, mais tout le monde plaisantait, riait... J'ai retrouvé Gilles à la table de la Whaterwheel Foundation, l'organisme gérant les œuvres de charité de Phish. Il se trouve que c'est aussi un point de rencontre tout trouvé au milieu de tout ce monde. Nous avons échangé nos impressions sur ce premier set et nous nous sommes trouvés très chanceux de voir le groupe à ce moment de leur carrière. Je n'avais pas encore pu écouter quoi que ce soit de cette tournée commencée à peine 10 jours plus tôt, mais j'avais lu sur différents sites qu'ils étaient au top de leur forme. Nous pouvions en être témoin, rien qu'avec cette moitié de concert !

Pendant que nous discutions, plusieurs personnes se sont arrêtées pour me demander si c'était vraiment un drapeau français que j'avais dans la main. Un gars en particulier, Ken, n'arrivait pas à croire qu'il venait de tomber sur un français : il se trouve que la famille de sa femme venait d'arriver de France aujourd'hui même ! Je lui ai demandé d'où ils venaient en France. Il a répondu Lyon. C'est pas vrai ! Moi aussi ! C'était vraiment un truc de dingue ! Il a demandé à Gilles de nous prendre en photo, avec le drapeau ! Je lui ai donné ma carte pour qu'il me l'envoie et je l'ai reçu il y a quelques jours.

D'ailleurs, ce gars fait de la photo et je vous conseille son site, il y a de belles choses : kenscelfo.tumblr.com

Vous pouvez remarquer que j'ai choisi de porter un T-shirt plutôt old-school pour mon premier concert. Parmi tout ceux que j'ai, j'ai choisi celui-ci car il représente bien la philosophie de communauté Phish : partager et faire plaisir. Pourquoi ? Parce que je l'ai eu en cadeau quand j'ai acheté le vinyle de Story of the Ghost, sur eBay, à une époque où il ne se vendait pas encore très cher. Le vendeur avait mis le T-Shirt dans le colis en bonus, comme ça, sans raison, juste pour faire plaisir.
Il me paraissait vieux mais jusqu'à samedi dernier, je ne savais pas exactement d'où il venait. Et c'est en prenant en photo quelques CDs de ma collection que j'ai ressorti A Live One, le second disque de Phish que j'ai eu en 1997. Je ne l'avais pas ouvert depuis des années (la faute au mp3, vive le vinyle, tout ça...) et j'ai pris plaisir à feuilleter le livret. A l'intérieur, il y a aussi un dépliant avec quelques articles de merchandising à commander. Et l'un d'eux est mon "mystère T" ! Je donc à présent que c'est bien un T-shirt officiel, qu'il date de 1994/1995 et son p'tit nom est "Multimedia Fish on Linen".
Je sais, je sais, c'est complètement inutile, mais c'est le genre de petites choses qui comptent pour moi et c'est aussi à ça que sert un entracte !

 

Set 2

J'avais la chance d'avoir un billet "fosse", mais après mes problèmes de dos de la semaine précédente, je ne voulais pas risquer de me retrouver à nouveau immobilisé. J'ai donc décidé qu'il serait plus prudent d'assister au second set dans les gradins, avec un siège à portée de fesse, au cas où mon dos me jouait des tours.

Je me suis retrouvé en section 103, du côté gauche de la scène (Page Side, Rage Side), avec Gilles. Nous avions une belle vue en aplomb et assez proche de la scène. J'ai été surpris à quel point le son était bon même de côté. Il y avait en effet des haut-parleurs tout autour de la scène, même pour les gradins se trouvant derrière la scène. Ce genre de configuration n'existe pas en Europe, ou du moins je n'en ai jamais entendu parler.

Ce deuxième set a été fantastique. Nous avons eu des improvisations excellente, longues et variées. En fait, sur l'ensemble du concert, nous avons eu un peu de tout, que ce soit en terme de jams ou  de styles de morceaux : du jazzy, du rock, du bluegrass, du funk, des explorations dissonantes, des moments planants, des improvisations bluesy...

Au milieu du set, lorsque Twenty Years Later a commencé, Gilles m'a fait signe qu'il allait aux toilette : c'était sa piss-song. On s'était marré à ce sujet dans la voiture. Je n'arrive pas à comprendre comment les gens peuvent zapper une chanson lors d'un concert. Surtout de mon point de vue, moi qui n'avais jamais eu la chance de voir mon groupe préféré, alors que des fans se payent le luxe de choisir d'aller pisser au milieu d'un concert.

Mais quand le groupe a commencé s'est lancé dans une impro et à fait durer la chanson, pour la première fois, j'ai jubilé intérieurement.

Ca ne peut pas exister une piss-song ! Chaque chanson est importante ! Phish est important !

Et Phish était vraiment au top ce soir, certainement l'un des meilleurs que je n'ai jamais entendus. Et je ne dis pas ça parce que c'était mon premier ! Je pense que j'ai réussi à écouter la musique avec le même recul qu'en France avec mes écouteurs.

Après cinq morceaux déjà grandioses dans ce deuxième set, ils nous gratifient en plus de You Enjoy Myself, un de leurs plus vieux et longs morceaux, mi-composé, mi-improvisé et peut-être le plus représentatif de leur musique. Même l'impro vocal de la fin, que je n'apprécie pas toujours, était vraiment mélodique et surprenante.

Vous en voulez encore ?
Et pourquoi pas une chanson a cappela ?

Je n'osais pas espérer tomber sur l'une de ces rares chansons qu'ils chantent regroupés autour d'un micro unique, façon barbershop quartet, et pourtant j'y ai eu droit dès mon premier concert, Grind ! Pour vous donner une idée, voici un exemple : http://youtu.be/CCoiIepoMFA?t=34s

 

Rappels

Quand le groupe est revenu pour le rappel, je ne voulais pas que ça se termine. Mais avec Bouncing Around the Room, je m'attendais à avoir un rappel court. Je me suis trompé.

J'adore cette chanson. Je l'ai entendu pour la première fois en ouverture de A One Live (cf. plus haut). J'étais donc content de l'entendre ce soir. Elle est pourtant souvent classée dans les piss-songs et en tant que rappel, je suppose que pas mal de personnes n'ont pas hésité à quitter l'arena en avance pour éviter les embouteillages.

Mais à la fin de la chanson, ils ne sont pas partis et ont enchaîné directement sur Reba, une autre chanson faite de plusieurs sous parties composées ou improvisées. J'avais déjà conscience d'assister à un concert unique, le genre de show dont on parlera encore dans plusieurs années. Mais avec Reba, qui est assez rare, surtout pour un rappel, j'ai su que je vivais un moment historique.

Phish est capable de tout. Avec eux, il faut s'attendre à l'inattendu. J'adore ce sentiment que l'on a quand on ne sait pas ce qui va arriver. C'est comme être au sommet d'une montagne, regarder le vide, s'apprêter à se laisser pousser par le vent, sans savoir quand...

Après cette belle surprise, ils ont mis un terme à cette soirée avec un bon gros son rock : Good Times, Bad Times de Led Zepplin !

Pour leur premier concert à Reading, Phish a sût faire plaisir leurs fans. Dommage que le groupe ne jouera pas plus ici...

Non, ils ne reviendront pas, jamais.
Oui, j'ai une théorie :
Reba n'a été joué pendant un rappel que quatre fois seulement (10/29/2013, 10/19/2010, 09/21/1999, 03/31/1991). Et à chaque fois, c'était la première et dernière fois que Phish jouait un concert à cet endroit. Cela signifie que si Phish joue dans une salle pour la première fois de leur carrière, vous avez une (petite) chance d'avoir Reba en rappel. A l'inverse, si Phish a déjà joué quelque part, il n'y a aucune chance qu'ils jouent Reba en rappel. Et s'il se trouve que Phish un rappel contenant cette chanson, le groupe ne reviendra jamais jouer dans cette sale ! Il suffit de regarder les faits ! ;-)

Alors que nous sortions de la salle, j'avais l'esprit encore à l'intérieur. C'était difficile de partir, mais je me rassurais en pensant que j'allais voir Phish à nouveau 3 fois dans les 4 prochains jours.

Ils avaient ouvert plusieurs portes pour faire sortir la foule, ce qui fait que je n'ai pas pu retrouvé Yasu pour lui souhaiter un bon voyage de retour. Avec Gilles, nous avons vite rejoint la voiture et nous sommes rentré à l'hôtel rapidement. Sur le parking, j'ai croisé demandé à un groupe de fans et je leur ai demandé si, par hasard, ils avaient prévu de se rendre à Atlantic City dès le lendemain en voiture. Je pensais que ce serait plus sympa de faire la route avec un groupe de fans plutôt que de prendre le bus tout seul. Mais ceux à qui appartenait la voiture rentraient chez eux directement, tandis que les autres allaient prendre le bus aussi. Je leur ait donc dit "Bonne nuit et à demain !"

Après tout ce que j'avais vécu ce jour-là, je me suis étonnamment endormi en un éclair, mon seul souci étant de ne pas rater le bus le lendemain matin.

Si vous voulez vous faire du bien aux cages à miel, le concert est disponible ici :

 

Le jour d'après

J'ai eu du mal à me réveiller à 7h20...

Je suis allé prendre un petit-déjeuner et, alors que je me servais du café, j'ai entendu quelqu'un à la réception de l'hôtel avec un accent français. Quand il est entré dans la salle du petit déjeuner, je lui ai demandé, en français, s'il venait de France. En quelques secondes à peine, nous avons réalisé que nous nous connaissions : c'est Jean-Yves, le fan de Paris que j'avais essayé de voir au concert !

Sérieusement, quelles étaient les chances pour que nous nous retrouvions dans le même hôtel, au petit-déjeuner ! La chance me suivait depuis le début de cette aventure et cela n'allait pas être la dernière fois...

Gilles nous a rejoint et je les ai présenté. Jean-Yves connaît le groupe depuis 1992 et les a suivit de très près lors de leurs tournées en Europe pour le site français djouls.com (il a fait des interviews, des tournages et même conduit des membres du staff de Lille à Amsterdam). Au bout d'un moment, un autre fan (américain cette fois) est arrivé pour manger un morceau et a été très étonné de se trouver tout à coup entouré de trois personnes parlant français !

Puis nous avons pris congé car Jean-Yves n'avait pas pu avoir de billets le run d'Atlantic City. Il regarderait néanmoins le webcast sur écran géant chez un ami à New York.

A 9h30, Gilles m'a déposé à la gare routière de Reading. Je devais prendre un premier bus à 10h pour Philadelphie, puis un autre qui me conduirait à Atlantic City dans l'après-midi. Pendant ce temps, Gilles devait se rendre à Washington pour rendre visite à un cousin et aller voir à un concert : Chris Thile. Ce mec ne s'arrête jamais !

La première chose que j'ai remarqué en arrivant à la station (en plus des quelques fans de Phish, dont ceux que j'avais croisé sur le parking de l'hôtel), c'est une borne d'arcade : Ms. Pac-Man et Galaga. Je me suis senti obligé d'y glisser quelques pièces...

Le bus a quitté Reading à l'heure et j'ai discuté un peu avec les autres fans au début du trajet. Ensuite, j'ai essayé tant bien que mal de dormir, en écoutant The Complete Jack Johnson Sessions de Miles Davis...

 

 

Comme le dit souvent Trey Anastasio à la fin du premier set : "Nous allons prendre une petite pause mais nous allons revenir avec encore plus de musique. Ne partez pas trop loin !"

Dans mon cas, je suis déjà en train de rédiger la suite de mes aventures avec en effet, encore plus de musique, de kilomètres et de surprises... tout en essayant de faire plus concis !

En attendant, voici la vidéo officielle en HD de Down with Disease, live à Reading, PA, le 29 octobre 2013...

Commentaires

France ssj_duche 
2 décembre 2013 19:01
Ah ben quand même !
Nickel, ça fait plaisir à voir, j'ai hâte de lire la suite !
France françoise 
2 décembre 2013 22:14
Belle introduction. On attend l'épisode 2 (avant un mois s'te plait).
Mais quelle idée saugrenue d'avoir ramené un tapis pour tourne-disque, j'aurai préféré gouter aux gâteaux qui font rigoler ! sinon je viens de découvrir l'existence de la piss-song, Intéressant.
France françoise 
11 janvier 2014 14:02
A l'occasion de la nouvelle année je te présente tous mes vœux.

Surtout je te souhaite d'être moins feignant qu'en 2013 et de mettre en ligne RAPIDEMENT la suite de tes aventures aux States. On n'en peut plus d'attendre  :-)  
Les commentaires sont clos

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