Jazz à Vienne - Vendredi 12 Juillet 2013 : José James, Youn Sun Nah, Avishaï Cohen

par Yome NetSan @ 16 juillet 2013

Cette septième et dernière soirée à Jazz à Vienne s'annonçait plutôt mal. J'avais accumulé pas mal de fatigue et elle commençait à se faire sentir. J'étais à deux doigts de ne pas y aller mais j'ai finalement décidé de prendre la voiture un peu plus tard que d'habitude... en oubliant qu'en était vendredi. Avec le cumul des bouchons de sortie de Lyon, du vendredi soir et des départs en vacances et un arrêt sur une aire d'autoroute pour dormir un quart d'heure, je suis arrivé à Vienne après 18h30 (les portes ouvrant à 18h). Heureusement, j'ai trouvé facilement à me garer.

Une fois au pied du théâtre antique, je cherche une chaise libre devant la scène, sans grand espoir. C'est alors qu'un habitué du fameux banc se trouvant au bord de la fosse me fait signe qu'il y a une place juste à côté de lui ! Je n'avais même pas regardé dans cette direction tellement j'étais persuadé que le banc serait déjà occupé ! Quelle chance ! J'y retrouve un autre habitué que j'avais rencontré il y a deux ans au même endroit. La courte attente avant le premier concert se fera en discutant tranquillement.

Je commence à me dire que j'ai bien fait de venir.

 

José James

J'ai eu un peu peur quand ce chanteur est arrivé sur scène avec son allure et sa gestuelle de rapeur. Le groupe se lance dans un groove qui me rappelle quelques passages jazzy de Prose Combat. Finalement, le chant est plutôt sympa avec des airs de Pharrell Williams en plus soul. Bon, il faut un peu faire le tri entre les Yo! et les Baby! qui ponctuent chaque phrases mais j'aime bien. Il rape un peu mais dans le genre scratch vocal, notamment un tease de I Can't Help It. Les musiciens sont vraiment doués, notamment le trompettiste qui fera de très bons solos.

A la fin de son set, nous sommes allés attendre sa venue au stand dédicace. Mais il a tardé à venir et l'enchaînement avec l'artiste suivant s'est fait très rapidement. Quand j'ai entendu que la musique commençait sur scène et que José James n'était pas encore là, je suis reparti à ma place.

José James (voix, guitare)
Takuya Kuroda (trompette)
Kris Bowers (piano, clavier)
Solomon Dorsey (basse électrique)
Richard Spaven (batterie)

 

Youn Sun Nah Quartet

C'est après avoir traversé la fosse en me baissant pour déranger le moins de monde possible que j'ai découvert Youn Sun Nah. Seule sur scène avec un piano à pouces, cette coréenne chante My Favorite Things d'une voix douce et assurée qui hypnotise déjà son auditoire. Un Bonsoir chanté conclue avec malice le morceau.

C'est alors qu'elle nous remercie et annonce le prochain morceau (Hurt de Nine Inch Nails ?!) que nous avons une nouvelle surprise. Elle parle tout doucement, en français, d'une voix basse, presque timide. Méconnaissable par rapport au chant et cela sera encore plus vrai par la suite.

Car chaque nouveau morceau est une surprise. Youn Sun Nah a une présence et une voix hallucinantes, tour à tour puissante, agile, aiguë, basse, éraillé. Les styles se mélange dans un melting pot unique : l'opéra, le rock, la chanson traditionnelle coréenne et française ou le jazz avec des improvisations qui partent dans tous les sens. Et à chaque fois, le contraste entre l'énergie bouillonnante des chansons et la douceur attendrissante lorsqu'elle parle me saisie. Certains passages m'ont fait pensé aux chansons d'Hayley Westenra entendues dans Endless Ocean. Je découvrirai par la suite qu'elle aussi a chanté Shenandoah, qui se retrouve dans ce jeu.

Elle nous présente les morceaux et ses musiciens avec humour "Vous allez voir, c'est une très belle chanson de Ulf Wakenius (son guitariste) mais il a juste oublié de mettre des respirations". On comprend vite ce qu'elle a voulu dire quand elle se lance dans Momento Magico. C'est un vrai feu d'artifice de notes jouées à la guitare acoustique et chantées en même temps. Le morceau se développe sur plusieurs minutes avec des thèmes différents, des impros, des retours à l'intro et se termine en apothéose.

J'ai la chaire de poule et les yeux humides. Elle porte les mains à son visage de surprise en voyant le théâtre antique se lever d'un seul homme. Elle dit de sa toute petite voix "Est-ce que c'est un rêve ?". C'est aussi ce que je me demande.

Jamais je n'ai ressentie une telle émotion lors d'un concert. Chaque interprétation était saisissante et ses réactions à chaque vague d'applaudissements me touchaient réellement.
La magie se répètera tout au long de son concert. Les standing ovations aussi. Les larmes aussi.

"Vous êtes adorables"

Je me suis évidemment précipité au stand de dédicaces en me disant que, s'il le fallait, je raterai le début du set d'Avishai Cohen sans regret. J'avais repéré le vinyle de Lento, son dernier album, depuis plusieurs jours à la boutique du festival et j'avais préféré attendre le concert pour me faire une idée. Mais la file d'attente était déjà tellement longue que quand j'ai enfin pu atteindre le vendeur, il n'avait plus que des CDs ! J'ai donc choisi l'édition collector de l'album précédent, Same Girl.
J'ai été très heureux de pouvoir la remercier pour ma plus belle émotion musicale depuis des années. Chose assez rare, les trois autres musiciens étaient là aussi et ont eu la gentillesse de signer le disque alors que deux d'entre eux ne jouent pas dessus (je ne l'ai vu qu'après coup).
Depuis, je suis toujours sur un nuage. J'ai déjà commandé presque tous ses disques (ceux sortis uniquement en Corée sont plus difficiles à trouver) et j'ai déjà pris note de plusieurs dates de concerts dans le coin en 2014 !

"Je n'oublierai jamais cette soirée" a-t-elle dit en fin de concert.
Moi non plus.

Youn Sun Nah (voix, piano à pouces)
Ulf Wakenius (guitare)
Vincent Peirani (accordéon)
Simon Tailleu (contrebasse)

 

Avishai Cohen Quartet

Alors que j'étais venu ce soir pour retrouver ce contrebassiste israélien, découvert lors de son premier passage il y a cinq ans, j'ai eu beaucoup de mal à rentrer dans son concert. J'étais encore sous le charme de la chanteuse coréenne...

Pourtant, sa musique est elle aussi à couper le souffle. Alors qu'il était en duo avec le pianiste Shai Maestro lors de sa première partie de Diana Krall en 2008, il est cette dois accompagné d'un saxophoniste/clarinettiste et d'un batteur qui a surpris tout le monde par sa jeunesse (19 ans) et sa maîtrise. Les grandes plages d'improvisations s'enchaînent et l'ambiance commence à monter peu à peu.

Dès le premier rappel, il nous convie à venir danser devant la scène. Il alterne la contrebasse acoustique et la basse électrique. Il chante Shalom Aleichem et nous invite à l'accompagner. Le public reprendra le thème en choeur pour le forcer à revenir sur scène.
Au second rappel, il commence seul et nous joue des interprétations complètement déconstruites de Bésame Mucho ou du générique des Pierrafeu !
Au troisième rappel, le groupe monte sur scène sans savoir ce qu'il va jouer et commence à montrer des signes de fatigue (le batteur de masse les poignets).
Ils reviendront quatre fois pour terminer à plus d'une heure du matin !

Et pourtant, ils ont tous pris le temps de discuter plusieurs minutes et de signer des autographes en sortant de scène... voire même sur celle-ci pour le jeune Ofri Nehemya alors qu'il démontait sa batterie !

Finalement, j'ai vraiment bien fait de venir !

Avishai Cohen (voix, basse électrique, contrebasse)
Eli Degibri (saxophone)
Nitai Hershkovits (piano, clavier)
Ofri Nehemya (batterie)

Commentaires

France alain demon 
24 juillet 2013 19:44
bonjour,
bravo pour l'enthousiasme de votre aticle qui me rappelle mes émotions lors de ce concert.
j'étais également à ce magnifique concert, accompagné de deux de mes petits enfants (7 et 10 ans). je l'avais découverte l'année dernière lors de la retransmission de son concert à jazz in marciac sur france inter, que j'avais enregistrée, et je m'étais promis d'aller la voir dés qu'elle passerait dans la région lyonnaise.
pour info le concert de vienne est diffusé intégralement sur arte live web,
http://liveweb.arte.tv/fr/video/Jazz_a_Vienne_Youn_Sun_Nah/
ainsi que celui de josé james

meilleures salutations
alain.

alaindemon@wanadoo.fr
24 juillet 2013 21:37
Bonsoir,
Merci pour votre message.
Oui, j'ai suivi les diffusion des concerts de Jazz à Vienne, j m’apprêtais à en faire un petit article d'ailleurs.
J'ai hâte de revoir ce concert de Youn Sun Nah ainsi que celui d'Avishai Cohen !
France alain demon 
25 juillet 2013 19:08
bonjour,
je ne trouve pas le concert d'avishaî cohen en rediff.
par contre ceux de youn sun nah et de jose james sont bien sur arte en intégral et bien filmés.
ça permet de prolonger notre plaisir,
meilleures salutations
alain.
25 juillet 2013 22:07
Je viens de publier un article avec tous les liens que j'ai trouvé :
http://gamusik.netsan.fr/post/2013/07/25/Revivez-Jazz-a-Vienne-grace-aux-streaming.aspx

Bon visionnage !
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