[COLLECTION] Fiche Objet

Ajouté le 30/06/2018
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Samedi 30 juin - Théâtre Antique - 20h30

Imany

Née à Martigues (Bouches-du-Rhône, en 1979) au sein d’une famille d’origine comorienne, engagée à l'âge de 17 ans par une agence de mannequins, Nadia Mladjao s’envole pour New York munie d’un contrat avec Calvin Klein. Elle a tout juste 20 ans. C'est aux États-Unis qu'elle attrape « le virus de la musique » en entendant Talkin' 'Bout a Revolution de Tracy Chapman. Elle dévore les albums de Chapman, Nina Simone ou Lauryn Hill, tout en jonglant avec les défilés, les catalogues et les publicités. Elle quitte le mannequinat en 2008. Sous le nom de Imany (qui signifie "foi" ou "âme" en langue berbère), elle enregistre un premier EP, puis un album dans la foulée. Ce sera le fameux The Shape Of A Broken Heart (2011), rampe de lancement d’une irrésistible ascension portée par le titre You Will Never Know. Plus de 400 000 exemplaires plus tard, Imany a tracé son propre sillon, entre soul, folk, blues et pop, imposant une voix chaude, profonde et ondulatoire sur des textes aiguisés, engagés. Imany explique : « J’ai reçu une claque en voyant il y a longtemps le film Malcolm X de Spike Lee. Malcom X avait compris que nous n’étions pas face à une guerre raciale, mais à une guerre des classes ! ». La musicienne compose en 2013 la bande originale du film Sous les jupes des filles de Audrey Dana. Le EP There Were Tears sort en prélude à The Wrong Kind of War (en 2016), un deuxième album tout neuf composé et assemblé entre Paris et Dakar.

Selah Sue

Selah Sue est âgée de 19 ans quand le tube Raggamuffin la propulse sur le devant de la scène. En quelques mois, la native de Louvain (Belgique, en 1989) impose sa voix écorchée et promène son 1,60 mètre sur les plus grandes scènes de la planète. Un chant immédiatement identifiable, un groove en pur palmier jamaïcain, mais aussi une pompadour remarquable et un regard translucide qui vous transpercent du nord au sud : le succès devient viral. Un peu trop peut-être. Étudiante en psychologie, Sanne Putseys (à l’État civil) jongle avec ses propres démons. Manque de confiance en soi, dépression, et cette immense popularité qui renforce ses peurs. Il lui faudra quatre ans pour sortir Reason, un deuxième album plus personnel. Enregistré à Londres, en Belgique mais aussi en Jamaïque, à la quête de ce son qui a tant influencé son premier opus, l’album a été réalisé avec Troy Taylor (Whitney Houston, Aretha Franklin). « Aujourd’hui, je sais mieux ce que je veux, quel genre d'effet, quel genre de basse je veux. [...] Sur mon premier disque, je n'étais pas assez sûre de moi. » Et justement, cette fois Selah ne veux pas jouer ce répertoire en scène comme elle l’a enregistré. Elle fomente donc un retour à l’essentiel. Une vidéo toute récente intitulée Reason On The Road et filmée à Paris la montre sans guitare, simplement entourée de deux violons et d’un violoncelle. Elle annonce la mue de Sue, telle qu’elle nous visite cet été.

 

Lundi 2 juillet - Théâtre Antique - 20h30

Joanne Shaw Taylor

Le guitariste Joe Bonamassa n’a aucun doute : « Joanne est une superstar en devenir ! » Parmi les autres laudateurs, des deux côtés de l’Atlantique, de la jeune chanteuse guitariste (31 ans), on repère aussi Tedeschi Trucks, Kenny Wayne Shepherd ou encore John Mayall. Élevée au cœur du Pays Noir, dans ces Midlands de l’Ouest proches de Birmingham qui sont à la fois les terres fantastiques de Tolkien et les territoires industriels parmi les plus sinistrés d’Angleterre, la dernière pépite du blues rock a été découverte à l'âge de 16 ans par Dave Stewart (Eurythmics). Voilà pour les chaperons de Joanne Shaw Taylor qui fut élue "Meilleure Chanteuse Anglaise" aux British Blues Awards 2010, 2011 et 2015. De fait, le grain de papier de verre, la voix puissante et habitée, passionnée du White Sugar (du nom de son premier album, en 2009) s’inscrit dans la lignée directe d’une Maggie Bell (du groupe 70’s écossais Stone the Crows) ou de l’incontournable Janis Joplin. Et que dire de son jeu de guitare fluide et saturé, épais comme un sous-bois du Cannock Chase District. Sur sa Gibson Les Paul, Joanne évoque tour à tour les flamboyances d’un Stevie Ray Vaughan et la rugosité poussiéreuse de Billy F. Gibbons (ZZ Top). Fin 2016, à la suite de The Dirty Truth (enregistré à Memphis par Jim Gaines), sortait enfin Wild, l’imparable sixième opus de notre Brummie (appellation populaire des habitants de Birmingham).

Jeff Beck

Une épopée psychédélique de 1964 à 1966 au sein des Yardbirds, puis une période de gloire sous son seul nom dès le milieu des années 70 (les fameux albums Blow by Blow et Wired), cet immense guitar hero britannique semblait trop rare. Plus souvent virtuose de gala que créateur actif durant les décennies 80 et 90, Jeff Beck restera pourtant pour l’éternité le créateur d’un style unique et flamboyant, sauvage, incroyablement technique et d’une sonorité inouïe. Parti du blues ou du hillbilly / rockabilly (voir l’album Jeff Beck : Rock´n´Roll Party, Honoring Les Paul, un live enregistré en 2010 en hommage au guitariste Les Paul, sa plus grosse influence), le "Loner" est de ceux qui ont fait entrer la guitare électrique dans une nouvelle dimension. Beck le revenant donnait en 2008 une série de concerts intimes au Ronnie Scott de Londres. Pour faire suite à l’album Emotion & Commotion cinq fois nommé aux Grammy Awards (2011), après une collaboration avec Herbie Hancock sur The Imagine Project, puis six années de silence, Jeff Beck était enfin de retour en 2016 avec Loud Hailer, un album écrit avec Carmen Vandenberg et Rosie Bones du groupe Bones. Il partait ensuite en tournée avec son idole Buddy Guy. En août 2016, El Becko fêtait les 50 ans d’une carrière protéiforme sur la scène de l’Hollywood Bowl en compagnie de Billy F. Gibbons, Buddy Guy, Jimmy Hall, Jan Hammer, Beth Hart et Steven Tyler (double album et DVD parus en 2017).

 

Mardi 3 juillet - Théâtre Antique - 20h30

Rhoda Scott - Lady Quartet + special guest Bernard Purdie

L’organiste Rhoda Scott pilote depuis 2004 (sur une idée de Jazz à Vienne) le torride et bien nommé Lady Quartet, entourée de ses amazones originelles Julie Saury, Sophie Alour et Airelle Besson. Aussi euphorique et punchy que sa jeune garde au taquet, Rhoda Scott demeure l’une des rares à utiliser encore le pédalier de l'orgue Hammond. Elle fut pour cela surnommée « l’organiste aux pieds nus » (ou « l'orteil absolu », selon Luigi Trussardi ! Notamment responsable du réchauffement climatique des salles de jazz françaises depuis cinquante ans, Lady Scott fête aujourd’hui son quatre-vingtième anniversaire. Elle en souffle non seulement les boogies, mais explose le gâteau de gospel, de jazz et de chorus soulfuĺ. Fille d’un pasteur itinérant du New Jersey, l’organiste a grandi au sein des communautés religieuses. Elle sort de la Manhattan School of Music avec un Grand Prix du Conservatoire et s’envole pour la France afin de compléter ses études chez Nadia Boulanger. Rentrée à New York, elle débute chez Count Basie. Elle décide pourtant de tenter sa chance à Paris où elle s’établit définitivement en plein mois de mai 1968. Dernier opus en date, We Free Queens (2017), dont le titre fier détourne celui du We Free Kings de Roland Kirk, a été réalisé en public. On annonce pour Vienne un concert champagne et chantilly, en partie baratté en simple duo orgue / batterie avec le légendaire Bernard « Pretty » Purdie.

Line-up : Rhoda Scott (org), Airelle Besson (tp), Lisa Cat-Berro (as), Géraldine Laurent (as), Sophie Alour (ts) et Julie Saury (dms) + special guest : Bernard Purdie (dms)

Marcus Miller - Laid Black Tour 2018

Miles Davis broie du noir et touche à peine sa trompette, terré dans son appartement newyorkais. Mais le phénix finit par renaître grâce au jeune Marcus Miller avec lequel il enregistre Tutu en 1986. Sept ans plus tard, l’album The Sun Don’t Lie lance véritablement la carrière du bassiste sous son propre nom. Catalyseur et passeur naturel, producteur, bassiste et clarinettiste funky et généreux, découvreur de talents, Marcus Miller est aujourd’hui un leader épanoui. L’artiste à l’éternel feutre façon Prez visitait Jazz à Vienne en 2012. Deux Grammy Awards et une vingtaine d’albums au compteur, il ouvrait alors un nouveau chapitre avec The Renaissance. L’album Afrodeezia (2015), le premier pour Blue Note, reflétait ensuite ses aspirations d’ambassadeur des musiques noires de la planète. « Je suis un musicien qui a trouvé sa vraie personnalité depuis à peine une dizaine d’années ! », déclare-t-il. Le kid de Brooklyn a aujourd’hui 59 ans, et il incarne à la fois l’histoire et l’actualité du jazz. Tout en veillant sur la jeune carrière de son saxophoniste Alex Han (Afrodeezia) dont il vient de produire le premier enregistrement (Spirit), Marcus Miller revient donc avec son vingt troisième album intitulé Laid Black.

 

Jeudi 5 juillet - Théâtre Antique - 20h30

Ron Carter - Golden Striker Trio

Immense contrebassiste doué d'un sens mélodique remarquable, reconnu pour la finesse et l'élégance de son jeu, l’Américain Ron Carter est une véritable légende. Accompagnateur de génie, il a notamment joué à ses débuts avec Gil Evans, Lena Horne, Bill Evans, B.B. King, Dexter Gordon, Wes Montgomery, Eric Dolphy ou Bobby Timmons. Il s’illustrera ensuite aux côtés de Cannonball Adderley, de Thelonious Monk et bien sûr, de 63 à 68, au sein du célèbre quintette de Miles Davis. Plus près de nous, alors qu’il est devenu un leader respecté, son Golden Striker Trio avec Russell Malone et Mulgrew Miller (album Golden Striker, en 2003) opte comme son aîné Ray Brown à la fin de sa vie pour cette emblématique formule du trio piano/ guitare/basse initiée par Nat King Cole ou Art Tatum. C’est donc dans la perspective d’un classicisme assumé que se place l’ancien bassiste de Miles. En concert, l'émotion atteint souvent son climax sur l’un de ses thèmes fétiches, le standard My Funny Valentine. Le natif du Michigan (1937) remporte un Grammy Award en 1998 pour l’instrumental Call Sheet Blues qui figure sur la B.O du film Round Midnight. En 2010, il est nommé en France "Commandeur dans l'ordre des Arts et des Lettres". Musicalité filée tungstène comme ses cordes, élégance et fraîcheur intactes, la légende est de retour.

Line-up : Ronald L. Carter (b), Russel L. Malone (g), Donald Vega (p)

Avishai Cohen "1970"

À l’approche de la cinquantaine, le célèbre contrebassiste, compositeur et interprète israélien Avishai Cohen semble au sommet de son art. Au fil de ses dix huit albums en tant que leader, son talent et ses références éclectiques (de Stevie Wonder à Gabriel Fauré) lui ont permis d’embrasser les influences orientales et latines, de mêler un lyrisme coltranien à la rigueur du classique, les chants traditionnels en hébreu et la pop ou la soul. On l’a vu avec, entre autres, Brad Mehldau, Paquito D’Rivera, Alicia Keys ou Herbie Hancock. Il y a un an, il prenait à nouveau la route avec son mentor Chick Corea pour le Celebrating His 75th Birthday Tour. Corea fut, rappelons-le, le premier à remarquer le lyrisme du contrebassiste dans un club de l’East Village dès le milieu des années 90. Leader, à la fois instrumentiste et chanteur prodigieux, Avishai Cohen démontre depuis maintenant deux décennies (Adama, son premier album, date de 1998) un sens inné de la mélodie et de l’improvisation. Digne successeur de From Darkness paru en 2015, le tout nouvel album d’Avishai intitulé 1970 (son année de naissance) met justement en lumière la part la plus pénétrable de son talent : la mélodie, le chant. « Il ne s’agit pas d’un album de jazz, explique-t-il. J’ai toujours eu ce lien avec la pop que j’aime autant que Bach et Charlie Parker. Au fil du temps, le chant a pris une part de plus en plus importante dans ma musique. »

Line-up : Avishai Cohen (cb, b, g, p, voc), Shai Bachar (k, p, voc), Karen Malka (voc), Marc Kakon (g, oud, b, voc), Elyasaf Bishari (oud, b, voc), Noam David (dms)

 

Vendredi 6 juillet - Théâtre Antique - 20h30

Mulatu Astatke

Grâce notamment au film Broken Flowers (2005) de Jim Jarmush, Mulatu Astatke (75 ans) n’est plus tout à fait ce secret le mieux gardé des musiques éthiopiennes que se partagent les explorateurs de la merveilleuse collection Éthiopiques (éditée dès 1999 chez Buda Musique). Ainsi, depuis 2005, celui qui est considéré comme le père de l’éthio-jazz offre désormais à tout un nouveau public ses musiques envoûtantes au système modal le plus souvent pentatonique. Un jazz hors norme, à la fois cosmique et ondulatoire, comme millénaire, qu’il sculpte dès la fin des années 60 au vibraphone, sur ses congas ou un clavier Wurlitzer. Le maître Astatke, qui fut le premier étudiant africain du célèbre Collège de Musique de Berklee à Boston (E.U.) et qui joua notamment un temps chez Duke Ellington, expose toujours avec la même fraîhhcheur son groove abyssinien. Il était ainsi en septembre à Paris (Jazz à La Villette) avec des invités tels que Soweto Kinch au saxophone ou Richard Olatunde Baker aux percussions. Il débarque enfin à Vienne pour partager ses instrumentaux intemporels, ses harmonies singulières barattées sur les métriques de la Corne de l’Afrique.

Rokia Traoré "Né So"

La chanteuse malienne publiait en 2016 NéSo, un sixième album engagé. Rokia Traoré est une artiste nomade qui partage sa vie entre Bruxelles, Bamako où elle a grandi (elle est née en 1974 dans la banlieue de la capitale) et les États-Unis où elle travaille régulièrement. Rokia Traoré est de ces artistes africains que la modernité ouvre à tous les genres. Peter Sellars lui a demandé de participer à la création de Desdemona (2010). Elle a fait partie du jury du Festival de Cannes 2015, et le trompettiste Erik Truffaz l’a invitée sur son album Doni Doni (2016). À Bamako, elle a créé une fondation pour aider la musique et les arts de la scène. Produit comme le précédent par John Parish (PJ Harvey, Eels), Né So est un disque concerné, tressé de sonorités rock et de mélodies mandingues composées après les événements tragiques de 2012 au Mali. Rokia évite pourtant le pathos. C’est même ce qui fait son style : la sobriété, la distance. D’une voix acérée, entourée de choeurs et de ses invités Devendra Banhart et John Paul Jones (Led Zeppelin), elle chante en français, en bambara, et en anglais sur l’emblématique Strange Fruit de Billie Holiday.

Youssou N'dour

Dans les années 70, Youssou N’Dour est l’idole du mbalax (musique populaire du Sénégal basée sur le tama et le sabar). Il est déjà une star en 1979 lorsqu’il lance avec le groupe l'Étoile de Dakar le « ventilateur », une nouvelle danse qui fait alors fureur dans les clubs. « Le Petit Prince de Dakar » et son orchestre rebaptisé Super Étoile de Dakar deviennent bientôt les nouveaux ambassadeurs des musiques d’Afrique de l’Ouest. Quatre décennies plus tard, Youssou N’Dour, qui est entre-temps devenu patron de presse, qui possède à Dakar un studio d’enregistrement et fut jusqu’en 2013 Ministre de la Culture du Sénégal, nous rend une nouvelle visite (il était ici en 2014) précédée de son dernier opus (Africa Rekk - 2016) que la star décrit comme « un voyage entre l'Afrique moderne et l'Afrique traditionnelle ». De culture à la fois sérère, toucouleur et wolof, le natif de la Médina (en 1959) poursuit depuis l’album Rokku Mi Rokka un voyage au coeur de la tradition. Une tradition déjà largement actualisée via la pop (7 Seconds avec Neneh Cherry date de 1994), le reggae et la production numérisée. Il reprend aujourd’hui la route avec son groupe fétiche, ce légendaire Super Étoile de Dakar, enrichi depuis le Grand bal de Bercy 2013 de cadors camerounais (la super basse de J.J. Obam Edjo’o !) et dont le dernier témoignage discographique date également de 2013 : la réédition de Live - Fatteliku (feat. Peter Gabriel), un fabuleux concert de 1987 enregistré à Athènes.

 

Dimanche 8 juillet - Théâtre Antique - 20h30

Hermeto Pascoal & Grupo

Barbe blanche et fleurie, le barde Pascoal tient une place à part dans la mythologie des années 70 et la musique brésilienne.
Sorte de Sun Ra tropical, véritable galaxie à lui tout seul, générant de nombreux satellites, l’autodidacte a composé un univers musical inouï. Les déroutantes calligraphies qui lui servent de partitions montrent que l’on tient là un ovni. Un original capable, par la grâce de sa poésie malicieuse emplie des émanations de la nature, de faire résonner une bouilloire comme de transformer les cris d’un cochon en ode à la joie. Tout ce qu’il touche devient musique. Même lorsqu’il aborde les rivages du jazz le plus savant, il parvient à en faire autre chose qu’une vaine démonstration. Le sorcier d’Alagoas (Brésil) a toujours su conjuguer sa singularité aux pluriels d’un collectif converti à ses visions iconoclastes. Au-delà de ses débuts vers 1960 (avec Conjunto Som), ce fut particulièrement le cas dans ces années 70 où, après un passage éclair dans le Miles Davis électrique, le génial albinos révéla une série d’albums fondamentaux, de A Música Livre (73) à Slaves Mass (77). Ce dont témoignent également les inédits produit en 1976 par Rogerio Duprat et tout juste exhumés : Hermeto Pascoal & Grupo Vice Versa Viajando Com O Som (2017). À plus de 80 ans aujourd’hui, le vieux maître joue toujours aux apprentis sorciers, en sextet, inventant une grammaire surréaliste où le moindre accent tonique interroge la nature même du son.

Line-up : Hermeto Pascoal (p, k, fl), Fabio Pascoal (perc), Itiberê Zwarg (b, voc),André Marques (p), Jota P (sax, fl), Ajurinã Zwarg (dms)

Refavela 40 : Gilberto Gil

Quarante ans après sa parution, Gilberto Gil se retourne vers l'un de ses albums emblématiques : Refavela.
Gilberto Passos Gil Moreira naît en 1942 à Salvador de Bahia, dans la ville afro-brésilienne par excellence, la ville du candomblé, celle de la revendication de la négritude et du carnaval des Afoxés en transes. Le répertoire du projet avec lequel il nous visite permet de se pencher sur une époque où le natif de Salvador percute ses racines yorubas. Si Refavela, paru en 1977, est rarement mis en avant dans la discographie du chanteur (plus d’une soixantaine d’albums), l’opus y occupe pourtant une place significative. A cette époque, Gil a déjà quinze ans de carrière (premier 45 tours sorti en 62). Dès 1967, il a été avec Caetano Veloso l’un des fers de lance de la révolution "tropicaliste". La dictature militaire l’a emprisonné, puis envoyé en exil à Londres. Rentré, il signe son chef d’oeuvre Expresso 2222 (en 1972), puis lance sa trilogie en "Re" : Refazenda (75), Refavela (77) et enfin Realce (79). Au milieu de cette période, Gil est invité au Festival Mondial d’Art et de Culture Noire qui se déroule en 77 au Nigéria. « L’idée d’enregistrer un nouvel album m’est venue à Lagos », raconte-t-il. Ce séjour africain lui inspire Aqui e Agora, Refavela ou Balafon. L’idole du Nordeste se souvient : « J’ai rapporté un balafon du Golf de Guinée, et j’ai immédiatement écrit le morceau avec cet instrument. »

Line-up : Gilberto Gil, Mayra Andrade, Chiara Civello, Mestrinho, Bem Gil

 

Lundi 9 juillet - Théâtre Antique - 20h30

Ambrose Akinmusire Quartet

Ce jeune trompettiste (36 ans) américain d’origine nigériane au parcours impeccable (de la Berkeley High School au premier prix du concours Thelonious Monk 2007) se distingue bien au-delà de ses références académiques. Son ambition est d’aboutir à la création d’un univers personnel « au service de la beauté » (sic).Né et élevé à Oakland (Californie), Akinmusire attire d’abord l’attention du saxophoniste Steve Coleman qui lui propose de rejoindre Five Elements. Ambrose Akinmusire a  dix-neuf ans. Il publie un premier album, Prelude (To Cora), et s’installe à New York où il se produit avec Vijay Iyer, Aaron Parks, Esperanza Spalding ou Jason Moran. En 2010, il travaille avec Terri LyneCarrington, Ron Carter, Wallace Roney, Herbie Hancock ou Wayne Shorter. Tous comprennent que le trompettiste, créatif et surprenant, est de ceux sur qui le jazz contemporain peut désormais compter. C’est ce que pense aussi le label Blue Note quile signe. Les albums When The Heart Emerges Glistening, puis The Imagined Savior Is Far Easier To Paint paraissent en 2011 et 2014.L’artiste y dessine des paysages, des visions, des idées, des états… De grâce ! Akinmusire explore les deux faces de son tempérament : l'introspection et l'effusion lyrique. Été 2017 : A Rift In Decorum - Live at the Village Vanguard, ce double CD enregistré dans le club mythique de New York, offre seize nouvelles compositions l'espace de deux sets diversifiés, comme en apesanteur.

Line-up : Ambrose Akinmusire (tp), Sam Harris (p), Harish Raghavan (b), Justin Brown (dms)

Angélique Kidjo & Ibrahim Maalouf : Queen of Sheba (avec l'Orchestre des Pays de Savoie)

Avec le North Sea et le festival de jazz d'Antibes, le concert à Jazz à Vienne fait partie des trois dates mondiales uniques qui marquent la rencontre d’Angélique Kidjo et d’Ibrahim Maalouf sur scène. Angélique Kidjo est une puissante source d’énergie et de bonheur. Née en 1960 à Ouidah au Bénin, la tornade chante et danse depuis le plus jeune âge. Son idole s’appelle alors Miriam Makeba. Après avoir déjà rendu ici un hommage à Nina Simone (en 2009), Angélique Kidjo revenait en 2010 pour célébrer Makeba (Mama Africa), puis à nouveau l’année dernière pour honorer Célia Cruz. La voici symphonique, entourée de la trompette d’Ibrahim Maalouf et de l’Orchestre des Pays de Savoie, décollant sur les tapis abyssiniens de la reine de Saba (Sheba). En 2016, Ibrahim Maalouf rendait à Vienne un vibrant hommage aux femmes, et notamment à Oum Kalthoum.

 

Mardi 10 juillet - Théâtre Antique - 20h30

Marquise Knox

« Can A Young Man Play The Blues ? » (Est-ce qu’un jeune homme peut jouer du blues ?), interroge Marquise Knox dans un des sommets de son troisième album, Black And Blue enregistré en public. Ce jeune natif de Saint-Louis (Missouri, en 1991) connaît indiscutablement la réponse : c’est oui. Le 26 août dernier au petit matin, de retour d'un concert, le chanteur et guitariste de 23 ans est agressé par un inconnu qui le poignarde au cou. Hospitalisé en urgence, Knox n'en reprend pas moins la route dès novembre (2017), pour une tournée en France dans le cadre de New Blues Generation. Sur Black And Blue (Live), le menaçant Commit a Crime (I’m gonna leave before I commit a crime… - je vais partir avant de commettre un crime) confirme l’authenticité, l’épaisseur et l’intensité du blues à tonalité lowdown de Knox. Depuis l’âge de 16 ans (il en a 12 lors de ses premières apparitions !), ce protégé de Louisiana Red, disciple de Muddy Waters et biberonné à BB King, semble avoir le vécu de Mathusalem. Voix profonde, guitare incisive et chorus déliés, le coup de poing du blues contemporain s’écrit au féminin (Marquise) et se joue d’une mâle assurance : Knox down !

Line-up : Marquise Knox (voc, g), Michael Battle (dms), Matthew Lawder (g), Augustus Thornton (b)

Sugaray Rayford

Au carrefour exact du Delta blues, du gospel, du rhythm'n’blues et de la soul, l’impressionnant Sugaray Rayford offre un chant habité, véhément et sensuel qui respire son Texas natal et rappelle le coffre XXL d’un Solomon Burke. Un colosse à la voix puissante, cyclonique, mais aussi la sensibilité rocailleuse d’un prêcheur du Sud. C’est que Caron "Sugaray" Rayford a bien sûr grandi à l’église baptiste de son district, à l’est du Pécos où il a appris la batterie et le chant dès l’âge de 7 ans. Il sort son premier album (Blind Alley) en 2010 et Al Kooper (Dylan, Blood, Sweat and Tears…) lui offre deux compositions. En tournée en France en 2014, Sugaray nous laissait découvrir à ses côtés un incroyable guitariste : Gino Matteo. Après seulement trois albums, il est nommé dans quatre catégories au célèbre Blues Music Awards 2016 et s’impose comme l’un des grands "shouters" contemporains. The World That We Live In, son quatrième opus produit façon Stax à Rome par Luc Sapio (qui organisa le retour de Martha High), vient juste de paraître.

Lucky Peterson

Alors que vient juste de paraître Tribute To Jimmy Smith, un trentième album qui rend hommage à son maître organiste, Lucky Peterson débarque au Théâtre Antique pourremettre les pendules électriques à l’heure. Le natif de Buffalo (État de New York, en 1964) vient démontrer qu’il est plus que jamais l'un des  dépositaires les plus légitimes du blues moderne, l’un des plus complets et excitants. Enfant de la balle, Lucky Peterson a débuté en traînant dans les jambes des invités du Governor’s Inn, le blues club de son paternel. Jimmy Reed ou Muddy Waters s’y arrêtent en tournée. Le petit Lucky est notamment fasciné par les organistes Bill Doggett et Jimmy Smith. Dès l’âge de 5 ans et jusqu’à l’adolescence, il apprend le métier avec ces deux mentors et auprès de Willie Dixon,Little Milton, Bobby Bland, Rufus Thomas ou Kenny Neal. « Je suis avant tout organiste. J’ai commencé à  la batterie, puis immédiatement au B3. La guitare n’est venue que vers 20 ans ! » En 2014, entouré d’une nouvelle équipe (musiciens, manager etlabel), Peterson revenait en force, guitare au poing, avec l’album The Son Of A Bluesman.

Line-up : Lucky Peterson (v, g, org), Kelyn Crapp (g), Ahmad Compaoré (dms), bassiste tbc

 

Mercredi 11 juillet - Théâtre Antique - 20h30

Thomas de Pourquery - Supersonic

Six décennies après Super-Sonic Jazz (1957) qui lançait pour Sun Ra et son Arkestra un fascinant et prophétique retour vers Saturne (Maison ! Maison !), le saxophoniste, chanteur et compositeur Thomas de Pourquery entend toujours aussi clairement son message. Il le démontrait avec le nom de son propre sextet, Supersonic (qui traduit aussi l’urgence dans laquelle l’enregistrement s’est déroulé), et surtout avec ce fameux Play Sun Ra, élu Meilleur Album de l’Année aux Victoires du Jazz 2014. L’été suivant, le costaud de Bondy (où il naît en 77) confirmait le tout en clôture de Jazz à Vienne. Depuis, Thomas de Pourquery a rejoint le Magnetic Ensemble pour un EP paru en 2015, il a signé chez Naïve son duo plutôt pop avec Maxime Delpierre, enregistré l’opus Broadways (2016) avec le Red Star Orchestra et écrit la bande originale du film La Loi de la Jungle de Antonin Peretjatko (2016). Il est enfin sacré Artiste de l'Année aux Victoires du Jazz 2017. Une nuit de pleine lune, une fulgurance onirique lui dicte d’un bloc la musique de Sons of Love (Label Bleu - 2017). L’amour se prélasse donc, puis il est chahuté sur ce dixième album que portent la voix de falsetto et le sax alto du leader, que sculptent ses cinq complices supersoniques issus du jazz (Megaoctet, Sacre du Tympan, ONJ), de l’électro rock (Poni Hoax) ou de la drum & bass (Big).

Line-up : Thomas de Pourquery (as, voc, k, perc), Arnaud Roulin, (p, synth, k), Fabrice, Martinez (trp, bgl, voc, perc), Laurent Bardainne (ts, voc), Edward Perraud (dms, voc, electronics), Frederick Galiay (b, voc), Arnaud Pichard (son)

Magma

Paris (Le Triton), 27 janvier 2018 : le groupe de Christian Vander se présente resserré à l’os, en septet (exit le vibraphone), affuté. Une machine de guerre qui vrombit autour du batteur habité. La longue introduction de Mekanïk Destruktïw Kommandöh permet à Vander de psalmodier tel un shaman. Martelé par Jérôme Martineau au piano électrique, le thème obsessionnel et familier évoque la transe afrobeat de Fela. Magma, incandescent, inextinguible, allume les lumières intérieures et plonge dans les ténèbres. Les thèmes de Zombies ou Da Futura sont traités façon funk barbelé, obsessive, jusqu’à l’implosion. Comme si les New JB’s passaient sur une chaise électrique, avec Coltrane pour les dernières Méditations. Et tandis que notre Tyson de Nogent-sur-Marne pulvérise ses cymbales, ce Magma 2018 ne rigole toujours pas, quarante huit ans après Kobaïa (1970) ! Il enchaîne mouvements élégiaques (les voix de Stella Vander, Isabelle Feuillebois et Hervé Aknin) et brusques éruptions volcaniques, progresse par ruptures dans les suites de Šlaǧ Tanƶ (2015). Ce n’est que le treizième album studio (contre quinze enregistrements live) de Magma auquel le réalisateur Laurent Goldstein vient de consacrer un film : The Music of Magma. Le documentaire Nihao Hamtaï, lui, retrace la toute première tournée de Magma en Chine durant l’hiver 2016. Le Magma est-il toujours en fusion ?... Zeuhl !

 

Jeudi 12 juillet - Théâtre Antique - 20h30

Roy Hargrove Quintet

Trompettiste emblématique de la seconde vague des "néo-boppers" apparus dès la fin des années 80 dans le sillage de Wynton Marsalis (qui le découvre alors qu’il est encore à l’université), Roy Hargrove s'est établi comme l'un des plus talentueux, l’un des plus imprévisibles du lot. Tout en s’illustrant aux côtés de Herbie Hancock, Sonny Rollins ou encore Diana Krall, le Texan (il est né à Waco en 1969) devenu leader distillera une vingtaine de manifestes sonores, en quintet majoritaire ou avec son RH Factor, zigzagant d’un jazz orthodoxe etinventif au funk ou à l’afrobeat le plus torride. Celui qui cite toujours David "Fathead" Newman (le fameux ténor de Ray Charles) comme son exemple revient aujourd’hui aux fondamentaux, avec un quintet de post hard bop flamboyant au sein duquel on remarque au saxophone le jeune et brillant Justin Robinson. Ce quintet est une machine de guerre dans la tradition des bouillants Jazz Messengers d'Art Blakey. En live, de ballades subtiles en polyphonies débridées, avec pour point de départ un air de Lee Morgan ou le Pinocchio de Wayne Shorter (le reste étant le plus souvent dû à Roy Hargrove lui-même), le trompettiste semble se concentrer sur un son d'ensemble. Suggérant d'un regard quelque orientation, ménageant silences et ruptures avec un à-propos toujours inspiré (surtout au bugle), le leader bientôt cinquantenaire a acquis la stature des plus grands.

Line-up : Roy Hargrove (tp), Justin Robinson (as, fl), Tadataka Unno (p), Ameen Saleem (b), Quincy Phillips (dr), Mr. Larry Clothier (tour-manager)

Gregory Porter "Nat King Cole And Me" avec l'Orchestre National de Lyon dirigé par Vince Mendoza

Totalement inconnu du grand public il y a encore huit ans, le chanteur Gregory Porter a rapidement conquis l’Amérique, puis l’Europe, dès l’automne 2010 avec 1960 What?, une chanson contestataire de plus de neuf minutes. L’album Water (2010) installe Gregory Porter et sa voix de baryton sur un trône virtuel entre Nat King Cole et Donny Hathaway. Dès Liquid Spirit (2013) et sa composition When Love Was King, il est sacré par un irrésistible succès public. Aujourd’hui âgé de 46 ans (l’âge exact auquel disparaissait en 65 Nat King Cole !), le Californien installé à Brooklyn aborde avec la même aisance le style vocalese, le gospel, la caresse bluesy d’un Jimmy Witherspoon et bien sûr le velours de son héro d’enfance, Nat King Cole, qui est justement le sujet de son cinquième opus. Avec Nat King Cole & Me (2017), il revisite les succès du crooner (Nature Boy, Mona Lisa), mais celui qui lui tient le plus à coeur est peut-être Pick Yourself Up. La chanson résume l’influence que pouvait avoir Nat King Cole sur un enfant inquiet prénommé Gregory. « Relève-toi, enlève la poussière de tes vêtements et recommence tout depuis le début », susurre le refrain. « En enregistrant, je pouvais sentir la présence de ma mère, et aussi que je suis toujours à la recherche de mon père », explique alors le colosse. Il est de retour à Vienne entouré de l'ONL, dirigé par Vince Mendoza dont les arrangements donnent à l’album une ampleur à couper le souffle.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 


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